
Ne me dis pas …
S’il te plait, retiens-toi, ne me dis pas que tout va bien se passer,
Car même si, en ma force intérieure, déjà, je le sais,
Je ne veux pas l’entendre depuis mon présent désarroi,
Je suis engagée tout entière dans ce que tu ne vois pas,
Ne m’impose pas ton réconfort à coup de mots maladroits, ce n’est pas l’heure,
Parle-moi de courage, de foi, de ta pensée en soutien à ma douleur,
Dis-moi que tu ne sais pas comment m’aider mais que tu es là,
Qu’à tout moment, je peux te parler en silence, pleurer en sécurité, juste ça,
S’il te plait, ne me dis pas que je vais sortir plus forte de cette épreuve,
Car même si cette Voie m’apparait déjà, je veux d’abord vomir toute cette horreur,
Cracher mon chagrin et tomber dans ce gouffre insoutenable,
M’illusionner que je vais y rester pour m’épargner d’accepter l’inacceptable,
S’il te plait ne me dis pas que ça fait partie de la vie, cela me donne envie de te priver de la tienne,
Je meurs chaque jour, en conscience, mais que faire de cette Amour qui s’évapore dans les pluies diluviennes,
De Celles qui dévalent sur mes joues, trop salées, sans pause, depuis ces semaines de plomb,
Les sentiments perdus, déboussolés, dans un espace infernal rempli de points d’interrogation,
S’il te plait, ne me dis pas qu’une nouvelle porte s’ouvrira à la suite de tout ça,
Surtout pas ça, j’ai besoin de me garder dans la vérité de l’instant jusqu’à tout transmuter,
Me briser et me fondre depuis tous ces morceaux de moi qui s’effondrent de se voir ainsi amputés,
Je me fiche aujourd’hui de compter les ouvertures possibles de demain,
Tant ce qui compte à mon cœur maintenant est de témoigner autant que de besoin de cette fin,
Évite de déverser sur mes épaules courbées ta propre inquiétude face à l’inéluctable,
Fais ton taf et garde pour toi le poids de tes propres angoisses, en cette place, détestables,
Si tu ne peux m’aider comme je peux l’accepter, passe ton chemin, sauve un autre badaud…
Et critique loin de mes oreilles ma vulnérabilité, que je préserve et que tu appelles Ego,
Toutes mes questions trouveront leurs Maitres, tant que je respire,
Alors d’ici ces rendez-vous, je râlerai maintes sanglots et profonds soupirs,
Puis je maudirai l’épreuve, ensevelie sous l’eau croupie, le regard fermé,
Autant qu’il plaira à ma Vie et jusqu’à qu’elle se redresse, consolée,
S’il te plait, ne me dis pas que ce temps viendra,
Je n’en suis pas là,
Laisse-moi m’y rendre à mon pas,
Véronique Briqué
Auteur de balades poétiques
S’il te plait, retiens-toi, ne me dis pas que tout va bien se passer,
Car même si, en ma force intérieure, déjà, je le sais,
Je ne veux pas l’entendre depuis mon présent désarroi,
Je suis engagée tout entière dans ce que tu ne vois pas,
Ne m’impose pas ton réconfort à coup de mots maladroits, ce n’est pas l’heure,
Parle-moi de courage, de foi, de ta pensée en soutien à ma douleur,
Dis-moi que tu ne sais pas comment m’aider mais que tu es là,
Qu’à tout moment, je peux te parler en silence, pleurer en sécurité, juste ça,
S’il te plait, ne me dis pas que je vais sortir plus forte de cette épreuve,
Car même si cette Voie m’apparait déjà, je veux d’abord vomir toute cette horreur,
Cracher mon chagrin et tomber dans ce gouffre insoutenable,
M’illusionner que je vais y rester pour m’épargner d’accepter l’inacceptable,
S’il te plait ne me dis pas que ça fait partie de la vie, cela me donne envie de te priver de la tienne,
Je meurs chaque jour, en conscience, mais que faire de cette Amour qui s’évapore dans les pluies diluviennes,
De Celles qui dévalent sur mes joues, trop salées, sans pause, depuis ces semaines de plomb,
Les sentiments perdus, déboussolés, dans un espace infernal rempli de points d’interrogation,
S’il te plait, ne me dis pas qu’une nouvelle porte s’ouvrira à la suite de tout ça,
Surtout pas ça, j’ai besoin de me garder dans la vérité de l’instant jusqu’à tout transmuter,
Me briser et me fondre depuis tous ces morceaux de moi qui s’effondrent de se voir ainsi amputés,
Je me fiche aujourd’hui de compter les ouvertures possibles de demain,
Tant ce qui compte à mon cœur maintenant est de témoigner autant que de besoin de cette fin,
Évite de déverser sur mes épaules courbées ta propre inquiétude face à l’inéluctable,
Fais ton taf et garde pour toi le poids de tes propres angoisses, en cette place, détestables,
Si tu ne peux m’aider comme je peux l’accepter, passe ton chemin, sauve un autre badaud…
Et critique loin de mes oreilles ma vulnérabilité, que je préserve et que tu appelles Ego,
Toutes mes questions trouveront leurs Maitres, tant que je respire,
Alors d’ici ces rendez-vous, je râlerai maintes sanglots et profonds soupirs,
Puis je maudirai l’épreuve, ensevelie sous l’eau croupie, le regard fermé,
Autant qu’il plaira à ma Vie et jusqu’à qu’elle se redresse, consolée,
S’il te plait, ne me dis pas que ce temps viendra,
Je n’en suis pas là,
Laisse-moi m’y rendre à mon pas,
Véronique Briqué
Auteur de balades poétiques